<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Parlons peu... - politique</title>
        <description>Publications 1930-1950</description>
        <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/politique/</link>
        <lastBuildDate>Wed, 27 Feb 2008 15:41:24 +0100</lastBuildDate>
        <generator>blogSpirit.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/08/15/politique-gouvernementale.html</guid>
                <title>Politique Gouvernementale</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/08/15/politique-gouvernementale.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>Politique</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 Aug 2006 13:30:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Nous craignons que la presse d’information ne soit quelques fois, au-dessous de la tâche, quand il s’agit de renseigner sur les questions importantes qui réclament, en raison même de leur importance, un peu plus de sérieux dans les commentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, à l’occasion du projet du gouvernement d’un institut de café, un confrère a opiné gravement que les entraves créées par le gouvernement de Borno à la culture du tabac provoquèrent sa chute, en 1928... Or, l’élection de Borno en 1922, sa réélection en 1924, et son départ du pouvoir en 1928, sont des faits américains que l’histoire a déjà notés comme tels. D’autre part, le commerce du tabac n’a jamais suscité, que nous sachions, aucun problème ayant eu la vertu qu’on lui prête. On a pu avoir critiqué d’une manière acerbe la politique d’alors, ce qui contraria l’essor d’une industrie naissante, comme d’ailleurs, on ne cesse de reprocher à l’administration haïtienne de dresser sciemment des obstacles au développement de certaines industries dans le pays: fabrication des allumettes, fabrication de la bière et de quelques autres articles de forte consommation intérieure dont l’importation assure, par le truchement des droits de douane, un revenu appréciable au gouvernement. C’est là affaire d’un système financier erroné, dès l’origine, auquel nos gouvernements n’ont pas pu encore remédier, malheureusement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une façon générale, nos journalistes se laissent trop facilement émouvoir. Le président Estimé a retenu tout au moins trois points capitaux du cas haïtien, qu’il entend résoudre en tant que Chef de gouvernement soucieux de ses responsabilités. Ce sont:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) La libération du pays de toute ingérence étrangère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) L’extension et l’amélioration de notre agriculture sur quoi repose notre économie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Le relèvement du standard de vie du paysan, qui peut facilement être obtenu par une réglementation juste et équitable de ses rapports commerciaux avec les centres d’affaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La terminologie nouvelle appelle ce mouvement généreux vers les masses “Justice sociale”, mot qui a fait fortune, en notre milieu, et que tous nous acceptons comme une chose honnête à pratiquer, désormais, en faveur de nos classes prolétariennes, et tout particulièrement des travailleurs de la terre, qui sont les forces vives, par excellence, de notre pays “essentiellement agricole.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier point peut être traité par le gouvernement tout seul. Pour la réalisation des deux derniers, le pouvoir est obligé de faire appel au concours et à la bonne volonté des exportateurs; car, cette double politique d’amélioration de notre agriculture et de relèvement du standard de vie du paysan cultivateur les concerne également à un haut degré, non seulement à cause du meilleur traitement qu’ils ont convenu d’accorder à leur clients des champs, mais aussi et surtout en raison de leur tâche agricole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, dans tout pays dont l’économie, comme Haïti, repose sur l’agriculture, ce sont les exportateurs qui plantent et qui , de cette façon s’adonnent automatiquement à l’extension et l’amélioration des cultures. Le système que nous a légué la colonie, basé sur le principe moyenâgeux du “bourrique travaille, cheval galonné” ne nous a pas permis de nous apercevoir que notre agriculture, livrée à elle-même depuis l’Indépendance – puisque ceux qui en profitent ne s’en occupent guère – n’a point progressé. C’est là un grand tort qu’il ne sera jamais tard de corriger et comme, consciencieusement, on ne saurait astreindre le paysan à plus d’effort dans les mêmes conditions ancestrales, l’Administration désire tout soigner elle-même, les frais restant bien entendu, à la charge des exportateurs qui seront, comme toujours, les premiers à bénéficier de ces améliorations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est juste. Mais comme il arrive généralement, à l’occasion de ces grands changements, l’accord définitif est lent à venir. Les discussions semblent interminables. On se fâche. On menace de tout abandonner. Mais, rien n’en sera de tout ce qui se dit. Le gouvernement qui, non seulement poursuit sa généreuse politique de justice sociale, mais s’évertue à réconcilier les haïtiens devenus des “frères ennemis”, ne désespère pas de voir ses contradicteurs épouser finalement ses points de vue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car, il faut se rendre à cette évidence que seul le mieux-être auquel aspirent le masses peut créer l’apaisement et rétablir la concorde tant désirée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 14 octobre 1946
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/16/ou-la-raison-intervient.html</guid>
                <title>Où la raison intervient</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/16/ou-la-raison-intervient.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>Politique</category>
                                                <pubDate>Sun, 16 Jul 2006 00:30:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Nous envions, dans la stricte limite, bien entendu, d’une bonne administration, notre confrère “Le Nouvelliste”, qui a su apporter des améliorations appréciables à sa présentation. Ses abonnés et ses lecteurs en général doivent lui savoir gré de telles innovations qui sont vraiment heureuses. Sa nouvelle rubrique, “Lettre de New-York au Nouvelliste”, sous laquelle, avec la collaboration de l’Agence France-Presse, sont publiées des informations étrangères de dernière heure et, le plus souvent, des commentaires très instructifs sur les problèmes politico-sociaux qui continuent de secouer les grands centres économiques du monde, retient de plus en plus l’attention. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On aura accordée à la lettre de l’ancien premier Léon Blum, publiée dans le numéro de samedi du “doyen”, tout l’intérêt qu’un tel document suscite. L’éminent homme d’Etat, chef du parti socialiste français, a donné un aperçu lumineux sur la production française dont la direction est intimement liée à la politique gouvernementale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette politique, dans un pays pratiquant le gouvernement essentiellement parlementaire, c’est le suffrage universel qui la détermine. De là à revenir sur la bonté du régime socialiste, il n’y avait qu’un pas, que le grand leader a vite franchi en reprenant, dans sa lettre, la défense d’une doctrine qui lui est chère. M. Blum a dit des choses dignes d’être méditées, et là où nous voulons, justement en venir, c’est la franchise de l’écrivain qui n’a pas pu s’empêcher de signaler les difficultés d’application absolue de son système. Lisez de préférence, ce qu’a écrit le véridique chef socialiste. “L’échec de telle ou telle de ces expériences ne pourrait porter, à aucun degré, de témoignage valable contre l’ordre socialiste régnant sur l’économie internationale. Nous n’acceptons, cependant pas qu’on y mette fin par un retour au système dit libéral. Nous voulons, au contraire, qu’elles soient poursuivies et étendues, nous voulons qu’elles réussissent dans la mesure où un succès est possible et que , pour réussir, elles s’inspirent de plus en plus largement de l’esprit socialiste; d’un esprit de coopération volontaire entre les ouvriers et les paysans, entre les producteurs et les consommateurs, entre les cadres des travailleurs et des usagers, un esprit de justice et d’harmonie, un esprit d’abnégation et de subordination au bien public...”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“L’échec, a fait en outre remarquer M. Blum, provient de ce que ces problèmes ne sont pas susceptibles d’une solution entièrement satisfaisante dans in régime capitaliste – et la France, quoiqu’on ait pu dire, vit encore dans un régime capitaliste...”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est ici que la raison intervient. Si un pays organisé comme la France et, par ailleurs, assez fort pour se défendre contre des jeux contraires, éprouve tant de difficultés à l’application totale des procédés socialistes, quelles seraient les chances de succès des dits procédés dans les petits pays non encore disciplinés et subissant, par surcroît, en raison des lois géographiques, les influences, mieux, les injonctions des centres les plus foncièrement capitalistes du monde?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne disons pas qu’il n’y en aurait aucune; mais nous croyons que ces chances seraient proportionnelles aux concessions volontairement faites par le capitalisme qui, lui aussi, après deux formidables guerres et en face des nouvelles menaces que constitue le mécontentement mondial, fait montre de souplesse dans la lutte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, en Haïti, nous devons être de plus en plus intelligents et sages, pour admettre que si la révolution de janvier 1946 a vaincu et continue de vaincre les antagonismes de l’intérieur, elle ne va, malheureusement, pas d’une allure aussi franchement conquérante vers ses fins, à l’extérieur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces commentaires du fameux leader socialiste sur les ennuis d’applications d’un ordre qui intéresse considérablement le milieu haïtien victime, depuis toujours, des forces capitalistes, sont venus à souhait comme pour apprendre que la lutte n’est pas aisée et nous conseiller de la mesure, du tact, toujours du tact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 19 novembre 1946
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/05/11/politique-gouvernementale.html</guid>
                <title>Propos d'actualité</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/05/11/politique-gouvernementale.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>Politique</category>
                                                <pubDate>Thu, 11 May 2006 15:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Nos slogans ne sont pas des propos dénués de signification, non plus des boutades jetées sans dessein autre que celui de remplir, dans ce journal, l’espace vide que le paginateur nous désigne chaque jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous les voudrions de plus en plus indicateurs d’une politique que “Haïti-Journal” a fait sienne, politique que toute la presse patriote devait également adopter et qui, heureusement se trouve être celle que l’élu du 16 août a mieux aimé choisir, parmi tant d’autres, pour rénover le pays Haïtien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi voudrait-on en effet que nos présidents soient toujours armés d’un glaive? Le rameau d’olivier que l’autre brandit jadis avec tant de succès ne peut-il être, même pour une fois, l’instrument de la victoire entre les mains de l’autorité haïtienne qui n’a jamais usé que de la force?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les temps ont changé. En appelant de tous nos vœux le règne de la démocratie, nous devons admettre que ce régime par excellence de l’égalité des droits et de la libre discussion suppose l’harmonie la plus parfaite entre les citoyens qui le veulent pratiquer. Quand on dit que le bulletin remplacera l’arme de la force, cela signifie que les hommes ont volontairement renoncé à la violence comme moyen de défense de leurs intérêts. Pour arriver à la routine démocratique, le Président Estimé s’est engagé dans la meilleure des voies, celle de l’union, celle de l’entente. En bon semeur, il prépare le terrain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais entente ici ne signifie pas renonciation à la discussion et au droit de critique que tous exercent librement. Non. Nous croyons, connaissant suffisamment l’homme, que le Président Estimé n’est pas contre la presse d’opposition, il ne voit aucun mal à ce que des citoyens qui se croient lésés dans leurs intérêts, à l’occasion d’une mesure administrative, se défendent catégoriquement, encore qu’il puisse Lui répugner que la presse incite à la violence. Non. L’entente à laquelle convie le Chef de la Nation ne signifie pas abnégation totale comme dans le cas “d’entente cordiale” ce ne serait pas démocratique. Ce que désire le Président Estimé est plus facile; c’est même trop facile pour qu’il ne l’obtienne pas. Il s’agit que les haïtiens comprennent qu’un peuple uni se défend mieux soit contre les adversités du sort, soit contre ses ennemis (ça ne manque point) et oublient volontairement leur motifs de haine, à l’intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le président Estimé, en haranguant les braves populations du Bel Air et des banlieues avoisinantes n’a pas prétendu seulement leur apporter un réconfort et l’assurance formelle que le gouvernement peut et va mettre fin, au fur et à mesure, à cette existence misérable qu’elles traînent depuis trop longtemps. Le Chef de la Nation les a adjurées – et ceci est important – de s’efforcer de saisir toute la valeur morale de la devise des aïeux: “L’union fait la force”. Aux petits, il a demandé d’oublier; car sans l’oubli, le pardon qui précède l’amour et l’union n’interviendrait point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, qui donc a substitué la haine à cette grande bonté qui a toujours embrasé le coeur du peuple?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La patriotique croisade ne fait que commencer. Le chef remplira sa mission d’Apôtre de l’Union. Il ira à tous les secteurs de la ville (son Chef de Cabinet, M.  Roger Dorsinville, ne poursuit pas une tâche moindre à travers les autres villes de la République) et partout où elle sera entendue, nous sommes certains que la Bonne Parole sera accueillie avec enthousiasme et générosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 27 novembre 1946
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/04/05/nos-freres-le-syriens.html</guid>
                <title>Politique de redressement</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/04/05/nos-freres-le-syriens.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>Politique</category>
                                                <pubDate>Wed, 05 Apr 2006 03:35:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Le Président Vincent est connu pour sa largesse de vue. Aucune fausse interprétation du Décret-loi sur le commerce ne peut avoir la vertu de donner un autre sens à la politique de redressement que poursuit son gouvernement. Quand à notre peuple, s’il a eu ses détracteurs, il a toujours été vanté pour la douceur de ses moeurs et son hospitalité vraiment proverbiale. Le mot est maintenant consacré: “Haïti, bon pays!” Depuis tant d’années que des voyageurs nous visitent – et pas des moindres – cette assertion a été lancée, contrôlée et, de nos jours, révisée dans un sens encore plus favorable pour nous. A tous les points de vue – si l’on excepte celui de la modernité – Haïti est “L'Ile enchantée” où l’existence s’écoule agréablement pour l’étranger. Nous ne reviendrons donc pas sur une cause jugée et que personne d’ailleurs, pas même un haïtien avec ses sentiments filiaux, ne saurait prétendre défendre avec plus de ferveur qu’un baron de Lilac, un H.P. Davis, un Richard Pattee.&lt;br /&gt;La politique extérieure de nos gouvernements, et aujourd’hui plus que jamais, a toujours été celle de franche cordialité avec les autres nations, politique dont le premier bienfait est que l’étranger reçoit le meilleur accueil et trouve la plus grande protection sur le sol d’Haïti, comme d’ailleurs cela est souhaité pour nos compatriotes vivant à l’étranger. Grâce à cette harmonie, notre pays et ses ressortissants sont, en effet, bien vus à l’extérieur, et il est réellement attristant que les ennuis, aujourd’hui, nous viennent uniquement de l’intérieur, de personnes dont la vie a été si mêlée à la vie haïtienne qu’on était en droit – quoi qu’il advienne – d’espérer trouver chez elles, sinon un intérêt agissant, du moins un respect et un amour pareil à ceux qu’elles accordent à leur propre patrie. Pourquoi pas? Ce que nous disons-là est logique et humain. Au débarquement des forces Yankees ici, n’avons-nous pas vu des américains cent pour cent, qui avaient longtemps résidé dans le pays, pleurer en silence avec nous et arborer leur drapeau non pas par ostentation, comme on pourrait le supposer, mais pour offrir éventuellement protection à leurs amis et voisins haïtiens contre les &quot;marines&quot;? Car, telle est la force du lien de la communauté qu’il finit à la longue par supplanter celui du sang. Là, du reste, est le fondement du jus soli. Mais, il y a dans le monde des êtres auxquels les sentiments patriotiques sont inconnus, et c’est peut-être la raison qui les porte inconsciemment, au premier petit choc d’intérêt, à souhaiter avec rage la perte d’un pays qui les a accueillis, protégés et aidés à faire fortune.&lt;br /&gt;On exagère la portée du Décret-loi. Tout le monde a le droit de faire le commerce, mais exceptionnellement, le commerce de détail de certaines marchandises est réservé aux haïtiens d’origine. L’instrument ne dit pas autre chose, et le Président Vincent, à ce sujet, n’a fait que rétablir une ancienne mesure dont la suppression, à un moment donné, brisa l’ascension de l’élément haïtien, en ruinant le petit commerce national.&lt;br /&gt;Or, en Haïti tout au moins, et quelle que soit la minimité de ses capitaux, l’haïtien ne doit pas être mis au rancart. Dans quelque branche que se soit de nos activités, l’élément indigène doit nécessairement occuper un rang appréciable par la force et le prestige de ses droits d’haïtien, et toutes les mesures de notre gouvernement sont honnêtes et justes qui tendent à ce but. A ce point de vue, le Décret-loi sur le commerce doit être considéré, après l’achat de la Banque Nationale de la République d’Haïti, comme un nouveau pas fait vers la reprise des positions que nous avons perdues ou abandonnées, grâce à une mauvaise compréhension des choses.&lt;br /&gt;Quelques commerçants étrangers ont fait plaisir au gouvernement en appréciant à toute sa valeur l’esprit du Décret-loi sur le commerce. En général, les cœurs loyaux rendront justice au Président Vincent que dans cette affaire, il a pris une mesure économique favorable, sans doute, à l’indigène, mais non un décret contre l’étranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 22 novembre 1935
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/02/19/l-etat-super-administrateur.html</guid>
                <title>L'Etat super-administrateur</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/02/19/l-etat-super-administrateur.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>Politique</category>
                                                <pubDate>Sun, 19 Feb 2006 02:50:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    M. André Siegfried académicien, nous nous excusons auprès de ceux qui n’en veulent plus, l’un des écrivains, en tout cas, qui ont jusqu’ici étudié avec une réelle objectivité les grandes commotions du XXe siècle, nous apprend que le monde est à l’âge administratif. Voilà une observation dénuée de prétention scientifique qui aura choqué nos savants, ceux qui parlent en “isme” et s’écrient “vue simpliste!” chaque fois que la solution proposée ne s’apparente pas de quelque doctrine extraordinairement révolutionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là où l’on préconise le désordre, en vue d’une nouvelle organisation dont le succès, dans l’état actuel de l’évolution des sociétés humaines, ne s’avère guère certain puisque quelque chose, beaucoup de choses même vont, malgré tout, survivre à ce passé honni, M. Siegfried propose, en effet un peu plus de calme, et ce tact nécessaire, fait de prévoyance, de justice et de fraternité sans lequel le monde risque de disparaître dans un cataclysme sans lendemain. Tel est du moins ce qui se déduit des idées de Siegfried.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun présente son système et l’on semble oublier que notre planète est considérablement peuplée et que chaque être a sa manière propre de concevoir la vie économique et sociale, pourquoi pas la vie tout court?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’on suppose, par cela même la somme de persuasion qu’il faut aligner avant de mettre tout le monde d’accord. Seule une bonne administration, dans le sens chrétien du mot - cet aspect de la question n’a certainement pas échappé à la sagacité de Siegfried, encore qu’il n’en fasse pas état dans ses sentences - permettra tôt ou tard de concilier tant d’intérêts qui ne sont qu’apparemment opposés. Le secret d’une existence facile et agréable est sans doute là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’administration, tant qu’elle s’entend désormais ruine tout particularisme et l’on assiste, en effet, à l’intervention de l’Etat, partout où sa présence est jugée nécessaire, pour dicter des mesures marquées au coin du collectivisme le plus évident et qui semble  devoir s’imposer à cette vaste famille qu’est devenu le monde, sous le Christianisme éternel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi comprise et ainsi généralisée,il semble que l’administration soit appelée à aider le monde à se départir du socialisme proprement dit qui éveille une malheureuse idée de classe, de lutte, de haine entre les hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Etat super-administrateur, voilà, peut-être, la clé des problèmes du XXe siècle; mais ce serait à condition que les gouvernements n’épousent aucun parti, si on leur concède, toutes fois, le droit de se tenir du côté de la bonté et de l’amour des humbles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 11 août 1948
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>