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<title>Parlons peu...</title>
<description>Publications 1930-1950</description>
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<title>VIVE SALNAVE!</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 08:02:00 -0500</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;StyleJustified&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;Photo2.jpg&quot; id=&quot;media-426606&quot; src=&quot;http://parlonspeu.blogspirit.com/media/02/02/2010039858.jpg&quot; /&gt;La présidence de Salnave est la plus mouvementée de toute l’histoire d’Haïti. L’étude des trente mois que dura son gouvernement nous met à nu tout le mécanisme politique haïtien. Écrit avec un rare souci de rigueur et de précision, cet essai historique de Marcel Salnave fils nous révélera, par ricochet, toute la physionomie intellectuelle et sociale de l’époque. On verra défiler les diplomates, les hommes d’église, les généraux, les politiciens, les représentants du peuple et puis le peuple lui-même. Et puis aussi les femmes, ces humbles femmes du peuple qui adoraient Salnave et qui, avec lui et pour lui, faisaient, pour la première fois, irruption dans l’arène politique haïtienne. Comme on sait, les tribunaux révolutionnaires se montreront d’une férocité implacable envers elles, appliqueront contre ces malheureuses une répression qui consistait avant tout à leur faire payer leur engagement total, aveugle, absolu, aux côtés de&amp;nbsp;La douce comme elles appelaient affectueusement le président Salnave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Propos de Christophe Ippolito</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Critique</category>
<pubDate>Tue, 06 Mar 2007 11:30:57 -0500</pubDate>
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Parlons peu ... Publications  1930-1950.  Par Marcel Salnave. Port-au-Prince: Henri Deschamps, Impr., 1996. Avant-Propos de Joseph Thévenin. Préface de Paulette Poujol Oriol. Pp. 215.&lt;br /&gt;Ce recueil de souvenirs et d’articles du grand journaliste haïtien et ancien directeur de Haïti-Journal s’ouvre par une préface qui analyse utilement les grands axes du livre. Ces souvenirs et ces essais sont marqués, comme le reconnaît Marcel Salnave, par des ombres (lorsqu’on est introduit dans les arcanes de la politique du pays à des moments troublés, de façon vivante et concrète, sans “langue de bois”), mais aussi par des lumières (un discours informé et positif sur les possibilités, malheureusement pas toujours réalisées, du pays qu’il chérit tant). Marcel Salnave se révèle parfois un homme plein de contradictions pour qui ne connaît pas intimement la situation à Haïti. Ainsi exarcerbe-t-il d’un coté le courage du journaliste, pour s’opposer en revanche, dans un débat enflammé, à une journaliste américaine qui défend une totale liberté de la presse. Il est vrai que les sentiments anti-américains de Marcel Salnave transparaissent souvent, et sont à la mesure de sa fascination pour le grand voisin. A l’inverse, c’est avec une grande retenue qu’il commente la politique gouvernementale dans ses éditoriaux, dont certains pourraient être cependant lus au deuxième degré. Ses positions quelques fois très originales sur la gestion de l’épargne provoquent-elles un “tollé”? C’est qu’il suit ici ses convictions, selon lesquelles l’intérêt général doit primer sur les divisions sociales intestines. Enfin, il faut évoquer ses chroniques sur la vie culturelle, où il apparaît comme un homme curieux de tout, et un mélomane averti, plus attiré par l’expression que la thecnique; un homme qui semble aussi attaché à la poésie de Léon Laleau qu’au créole imagé de l’homme de la rue. En somme, l’itinéraire d’un homme à la personnalité complexe mais indiscutable, et un livre qui nous fait redécouvrir Haïti dans un style attachant et séduisant. (CHRISTOPHE IPPOLITO)
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<title>Propos de Henri Mitterand</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Critique</category>
<pubDate>Wed, 28 Feb 2007 07:25:00 -0500</pubDate>
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Marcel Salnave, né en 1889 à Haïti, est mort en exil à New York en 1983. Il a collaboré pendant de nombreuses années à Haïti-Journal, qui paraissait à Port-au-Prince. Un choix de ses articles, s’étendant de 1935 à 1950, vient de paraître en volume, par les soins d’un de ses fils, portant le même prénom. Le volume, intitulé Parlons peu... , d’après le titre général des chroniques de Marcel Salnave, est préfacé par Joseph Thévenin, ancien rédacteur en chef du journal et par Paulette Poujol-Oriol.&lt;br /&gt;    La carrière de Marcel Salnave s’est poursuivie sous plusieurs présidences, notamment celles des présidents Vincent, Lescot, Estimé, Magloire. Elle s’est interrompue après l’arrivée au pouvoir de Duvalier. Chacun des maîtres du moment respectait la hauteur de vues, l’indépendance et la culture de Marcel Salnave, lui-même petit-fils d’une figure illustre d’Haïti au 19e siècle, le Président Sylvain Salnave.&lt;br /&gt;    Ce recueil d’articles paraît au moment où Haïti, à la recherche de l’équilibre politique et d’une nouvelle démocratie, traverse des moments difficiles – mais qu’elle époque, dans l’histoire haïtienne, n’a pas été secouée de troubles? Il servira à la fois les hommes politiques et les historiens, en faisant revivre notamment la période qui a suivi, au cours des années trente, une intervention américaine destinée – déjà – à stopper les batailles de factions qui déchiraient l’île.&lt;br /&gt;    Marcel Salnave, les troupes américaines reparties et un minimum d’ordre étant rétabli, défend avec fermeté et élégance les principes d’une indépendance fondée sur l’autonomie d’une banque nationale, sur l’accroissement de la production et des exportations, sur le développement des infrastructures et sur l’aide aux paysans. Ses positions sont mesurées : s’il lui arrive d’admonester les pouvoirs, de condamner le régime des faveurs et de la corruption, il suit une ligne modérée, toujours respectueuse du système institutionnel.&lt;br /&gt;    Son propos est essentiellement celui d’un moraliste – ce qui n’exclut pas une grande attention aux réalités économiques. Les chapitres du livre ne suivent pas un ordre chronologique, mais regroupent les articles de Salnave selon leurs sujets : le nationalisme, la politique gouvernementale, l’économie, la banque et les finances, etc. Il est significatif que le premier de ces chapitres ait pour objet le journalisme même, et son éthique. Tout est dit dans ces lignes : “Le journaliste honnête ne peut professer qu’en émettant des opinions sincères, qu’importent les risques que lui vaut sa franchise”. Au reste , Marcel Salnave sera emprisonné trois mois sous Duvalier.&lt;br /&gt;    A la moralité du professionnel, s’ajoute la liberté intellectuelle de l’homme de culture. Commençant par les devoirs du journaliste, le livre s’achève, symétriquement, par l’éloge de la musique, et de plusieurs virtuoses haïtiens des années 40. Bach et Chopin surgissent au milieu des réflexions sur l’exportation de la figue-banane et sur les combinaisons parlementaires. Le commentateur politique cède la place à l’amateur, à l’artiste et au critique.&lt;br /&gt;    L’oeuvre journalistique de Marcel Salnave exprime ainsi, à l’image même de son auteur, la double réalité d’Haïti : une nation pauvre mais fière, toujours tourmentée par les faiblesses de ses ressources et par l’acuité de ses querelles intérieures, mais dont les élites restent marquées, plus que partout ailleurs dans les Caraïbes, par le goût des idées, du beau langage et de l’art – tout simplement, par l’humanisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri Mitterand&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri Mitterand est professeur de Philosophie en langue française à Columbia University.
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<title>Propos de Catherine b. Silver</title>
<link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2007/01/30/to-marcel-salnave-fils.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Critique</category>
<pubDate>Tue, 30 Jan 2007 10:25:00 -0500</pubDate>
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To: Marcel Salnave fils&lt;br /&gt;From: Catherine b. Silver&lt;br /&gt;Re: PARLONS PEU... :PUBLICATIONS 1930-1950... Ecrit par Marcel Salnave&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est avec un grand plaisir que j’ai lu les articles de Marcel Salnave regroupés dans un volume spécial par l’un de ses fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le portrait que nous gardons de lui est celui d’un homme imprégné d’une belle culture qui, en plus d’une grande connaissance de la littérature et un grand amour de la langue française, avait aussi un sens profond de la culture et de l’identité haïtienne qu’il cherchera, durant toute sa carrière journalistique, à faire apprécier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des thèmes de ses articles qui me touche spécialement, est celui du rôle, primordial, de l’éducation dans la création d’une société prospère et démocratique. Comme il dit avec tant de justesse et de poésie: “Ouvrir une école c’est rendre l’homme libre.”(P.177) Dans son travail de journaliste, il essaye d’ éduquer le lecteur pour lui faire prendre conscience de son rôle essentiel dans une société ouverte et libre. Il entend aussi éduquer les élites et les gouvernements, et  plus que  tout, il souhaite que les journalistes puissent exprimer librement leurs idées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave est un démocrate qui  soutient et défend les droits des individus. Tout en reconnaissant les droits individuels, Il pense que l’intervention de l’Etat est quelques fois salutaire, là où sa présence est jugée nécessaire pour dicter des mesures visant au bien être généralisé.  Il pense aussi que le secteur privé doit être encouragé sous l’égide du gouvernement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son nationalisme est modéré, il rejette la violence comme solution aux problèmes sociaux. Il voyait Haïti comme étant un pays avec une identité culturelle distincte qui pouvait s’assimiler aussi bien à l’Europe qu’à l’ Amérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave était un journaliste avec une prose claire et directe. Il savait être aussi bien un poète qu’un humaniste. Ces qualités qui le caractérisent si bien sont aussi, peut-être, la source même de  son idéalisme et  de ses vues, souvent, romantiques et utopiques. Vue l’histoire de Haïti, il semblerait que les forces de violence et de destruction étaient déjà à l’oeuvre, spécialement dans un monde  déchiré, depuis des décennies, par des guerres multiples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa vision de la société Haïtienne est malgré tout originale, et nous ne pouvons qu’espérer qu’elle devienne un jour une réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine b. Silver&lt;br /&gt;PH.D. PROGRAM IN SOCIOLOGY
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<title>Les origines démocratiques du blog</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Journalisme</category>
<pubDate>Sun, 31 Dec 2006 10:46:57 -0500</pubDate>
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On oublie par trop les origines démocratiques du journal. Sans l’intervention de l’écriture dont l’imprimerie n’est que l’aboutissement, il eût été, sans doute, impossible de mettre fin aux pratiques de la Grèce antique, où l’on voyait le peuple se réunir sur la place publique pour s’informer par ouï-dire des faits importants, échanger des propos, entendre discourir les savants. Le journal est né de ces anciennes coutumes. C’est donc qu’il est fait par et pour le peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturellement, je néglige les écrivains dont les copies sont le plus souvent des inventions (le mot ici a le sens de découverte) recommandable en ce qu’elles enrichissent le domaine de la pensée et forment les bases de la saine opinion. Et je n’envisagerai pas non plus le rédacteur dont le rôle se réduit à celui d’un clerc. En effet, s’il relate simplement les événements, il n’est à ce faire qu’un scribe; et quand il les commente, il ne reflète que l’opinion anonyme et inédite de la foule qu’il a pu capter avec, plus ou moins de bonheur, selon son intelligence et son flair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent on dit que la presse est la reine de l’opinion. Nenni! l’opinion que présente la presse, quatre-vingt dix neuf fois sur cent n’est point la sienne. Elle est celle de la majorité, celle du public auquel le journal, suivant le mot de la Bruyère, rend le bien prêté. Car, ici encore le public est le grand pourvoyeur; celui dont la démarche s’imprime quotidiennement dans les colonnes du journal, démarche à laquelle nul ne saurait s’opposer sans troubler la quiétude générale...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puisqu’il en est ainsi, pourquoi, ne pas solliciter de temps en temps l’aimable collaboration de tous? Aujourd’hui j’ai idée qu’une petite enquête toute d’actualité ferait, peut-être, la joie de nos abonnés et celle de nos lecteurs, en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au coup de canon tiré à minuit et marquant l’éclosion de l’année 1941, nous avons eu tous une pensée quelconque. Quelle a été cette pensée? “Haïti-Journal” publiera avec plaisir les réponses, pas trop longues, qui lui parviendront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 31 décembre 1940
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<title>&quot;Zetrenn mouri&quot;</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>D'intérêt Général</category>
<pubDate>Wed, 20 Dec 2006 09:15:15 -0500</pubDate>
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“Zétrenn mouri.” Voilà bien la plus triste nouvelle du jour. J’eusse voulu ne pas l’avoir annoncée moi-même, craignant de faire le désespoir de la marmaille. Mais, tout arrive – c’est bien le cas de le dire – les malheurs les plus inouïs comme les bonheurs inespérés, et chaque année verra, l’une après l’autre, s’en aller les vieilles traditions, tandis que de nouvelles naîtront à leur place. Et je me surprends à penser qu’ainsi doit s’accomplir la fin du monde, le monde qui ne disparaîtra sans doute point; mais, qui se renouvellera à l’infini, selon la pensée et le génie des hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sait-on à combien d’années remonte la tradition des étrennes? Oh! ne cherchons pas. C’est plus vieux que notre ère. Le roi Sabin Tatius avait accompli un grand fait. Il avait essayé de reprendre par les armes les filles sabines enlevées par les romains (cherchez partout la femme...) et son peuple, pour l’en glorifier, lui présentait chaque année, au commencement du mois de janvier, des branches d’arbres cueillis dans le bois consacré à la déesse strenna personnifiant la force. Ces présents s’appelèrent étrennes par dérivation. Des branches d’arbres!...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Voici des feuilles, des fleurs, des fruits et des branches...” Donc, la coutume gagna le monde tout en se modifiant. A Rome, les amis s’offraient des dattes ou des rayons de miel et cela voulait dire, d’après Albert Levy: “Que l’année soit pour vous aussi douce que le fruit du dattier ou le suc de l’abeille.” L’Empereur aussi recevait des présents de chaque romain. Mais, celui-là les rendait au double, et l’on rapporte même que “Tibère donnait à chacun quatre fois la valeur de l’étrenne qu’il avait apportée.” Sans doute, les Chefs des nations ont perpétué cette coutume heureuse pour le peuple. Je me suis laissé dire que le Président Vincent s’étant avisé une fois de pratiquer la générosité tibérienne, faillit se ruiner net. C’est alors que Son Excellence dut imaginer, de concert avec la distinguée Mademoiselle Résia Vincent, de faire venir au palais seulement les petits enfants, se souciant peu des grandes personnes, quoi que celles-ci puissent avoir donné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré les temps extrêmement difficiles, des jouets, des gâteaux et peut-être aussi des enveloppes cachetées seront, cette année-ci encore, distribués aux tout petits. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Zétrenn mouri?”&lt;br /&gt;– Pou zott. Pas pour les innocents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti Journal 20 décembre 1940
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<title>Le mouvement musical à Port-au-Prince</title>
<link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/12/18/le-mouvement-musical-a-port-au-prince.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Musique</category>
<pubDate>Mon, 18 Dec 2006 08:20:14 -0500</pubDate>
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On se rappelle que l’année dernière à pareille époque, le professeur de piano, Basil Codolban, offrait une audition de ses élèves. C’en était la première, après seulement deux années d’enseignement, et cette manifestation avait, sans doute, pour but de montrer les promesses que réserve l’étude méthodique de l’art pianistique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour clore la présente année scolaire, les élèves en plus grand nombre furent, dimanche matin, conviés à la réunion désormais traditionnelle chez les époux Codolban où, parmi la gaieté d’une fête pour ainsi dire improvisée, la plupart eurent l’occasion de faire valoir leur mérite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’opinion de tous les assistants, c’est que le nouveau résultat obtenu est on ne peut plus encourageant. Des gosses qu’on avait laissés, il y a dix mois, dans leur “joyeux printemps”, exécutent maintenant les pièces pour petites mains de Tchaïkowski, prélude et fugues de Bach, sonatines de Clementi, selon un sens vraiment remarquable du phrasé, des accents, de tout ce qui constitue, enfin, la grammaire musicale. Il convient de rendre hommage à la méthode de Codolban. Car, chez ces petits êtres qui n’ont pas de personnalité et, par conséquent, aucune expression, tout est la part du maître. C’est étonnant de constater avec quel tact Codolban est arrivé à leur inculquer tout juste le respect de la syntaxe, en leur façonnant un jeu clair, pur, précis, que le jeune sujet rendra expressif, au fur et à mesure qu’il acquerra les expériences du métier. Pour notre part, ce procédé nous parait excellent, en ce sens qu’il préserve la personnalité du jeune artiste de toute influence étrangère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand aux élèves “avancés” Madame Pierre Wiener, Mlles Laudun, Tovar, Ewald, Gardiner, l’Ing. Robert Corvington, pour ne citer que ceux dont nous avons retenu les noms, ils forment déjà une pépinière d’où l’on peut espérer tirer quelques plantes viables. Et il nous semble qu’on ne prépare pas autrement à la carrière artistique. Aussi, Codolban peut-il se vanter d’avoir atteint la première phase de son programme. Les manifestations de l’année dernière et celles auxquelles nous avons assisté dimanche, n’étaient qu’une démonstration. Maintenant, il est possible de classer les sujets, et c’est au cours de la nouvelle année que l’école présentera son véritable aspect. Les auditions, à partir d’octobre, vont être un concours entre élèves de même forces. Or, c’est déjà un stimulant que de savoir qu’on doit concourir. L’élève est obligé de déployer plus d’efforts; il doit désormais travailler non plus en amateur, mais en étudiant consciencieux, soucieux d’une certaine réputation qui vaut autant que celle qu’on voudrait se tailler à l’école ou à l’Université. L’étude de la musique, comme on le voit, s’oriente vers une conception plus sérieuse du grand art. Pour la première fois, l’étudiant musicien se dit que ce n’est pas pour rien qu’il se dépense en argent et en efforts. Ce sacrifice doit conduire à un résultat, quel résultat, sinon la carrière artistique elle-même? Il est évident que tous n’y parviendront pas. Mais l’enthousiasme du moment est appelé à créer une ambiance, et le mouvement laissera finalement le domaine particulier pour gagner la généralité. A part les étudiants musiciens, à part les parents qui caressent le rêve de voir poindre un artiste dans leur famille, un grand nombre d’autres personnes, inconsciemment, apporte une attention spéciale à la musique tout simplement parce que le mouvement est dans l’air. C’est la loi de l’évolution. Ce résultat qui n’est pas loin d’être obtenu forme le deuxième point de Codolban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La troisième phase viendra naturellement, avec la création tout au moins d’une école de musique. Mais, cette dernière tâche incombe à l’ Edilité, à défaut de celle-ci, au gouvernement, à tout le monde. Car, il importe de corriger cette erreur que “fonder une école musicale, c’est mettre la charrue devant les bœufs&quot;, dans un milieu, comme le nôtre, qui a eu le geste que l’on sait à l’égard de Lamothe, notre cher pianiste et dont l’admiration, d’autre part, va jusqu’à l’engouement dès qu’il s’agit de manifestations intellectuelles et artistiques; troupe Louis Jouvet, Aimé Césaire, les vernissages du centre d’art, concert Codolban, Lamothe, Canez, évolution des artistes de Mme Fussman-Mathon à l’Institut Haïtiano-Américain, représentations théâtrales Dominique Hyppolite, Pierre Mayard, Daniel Heurtelou, Stephen Alexis, Etienne Bourand, Luc Grimard pour ne citer, au gré du souvenir, que les événements de notre temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut nous occuper de nos analphabètes, c’est entendu. Mais la civilisation n’attend pas. Tout pays, si petit et si jeune soit-il, se doit de suivre les grands courants artistiques et scientifiques, et il n’est pas possible, en conscience, d’attendre que tous les haïtiens lisent avant de doter Port-au-Prince d’une Ecole des Beaux-Arts. La politique gouvernementale d’Haïti doit être, suivant la conception du Président Lescot lui-même, une politique du “tout à la fois” ou alors, les haïtiens sont irrémédiablement condamnés à être un peuple arriéré, d’une manière ou d’une autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. Une digression est quelque fois dangereuse. Nous faisions un compte rendu d’une réception chez les aimables époux Codolban, et voici que nous nous sommes laissés aller à des considérations dépassant le cadre d’une simple note dans laquelle nous n’avons même pas pensé à remercier la distinguée Madame Codolban, pour la délicate attention qu’elle a montrée à tous les invités, aux journalistes en particulier. Qu’elle veuille bien accepter nos excuses en même temps que nos souhaits les plus fervents pour ce succès grandissant des cours de piano Codolban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 11 juillet 1944
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