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        <title>Parlons peu... - d_interet_general</title>
        <description>Publications 1930-1950</description>
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                <title>&quot;Zetrenn mouri&quot;</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 20 Dec 2006 15:15:15 +0100</pubDate>
                <description>
                    “Zétrenn mouri.” Voilà bien la plus triste nouvelle du jour. J’eusse voulu ne pas l’avoir annoncée moi-même, craignant de faire le désespoir de la marmaille. Mais, tout arrive – c’est bien le cas de le dire – les malheurs les plus inouïs comme les bonheurs inespérés, et chaque année verra, l’une après l’autre, s’en aller les vieilles traditions, tandis que de nouvelles naîtront à leur place. Et je me surprends à penser qu’ainsi doit s’accomplir la fin du monde, le monde qui ne disparaîtra sans doute point; mais, qui se renouvellera à l’infini, selon la pensée et le génie des hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sait-on à combien d’années remonte la tradition des étrennes? Oh! ne cherchons pas. C’est plus vieux que notre ère. Le roi Sabin Tatius avait accompli un grand fait. Il avait essayé de reprendre par les armes les filles sabines enlevées par les romains (cherchez partout la femme...) et son peuple, pour l’en glorifier, lui présentait chaque année, au commencement du mois de janvier, des branches d’arbres cueillis dans le bois consacré à la déesse strenna personnifiant la force. Ces présents s’appelèrent étrennes par dérivation. Des branches d’arbres!...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Voici des feuilles, des fleurs, des fruits et des branches...” Donc, la coutume gagna le monde tout en se modifiant. A Rome, les amis s’offraient des dattes ou des rayons de miel et cela voulait dire, d’après Albert Levy: “Que l’année soit pour vous aussi douce que le fruit du dattier ou le suc de l’abeille.” L’Empereur aussi recevait des présents de chaque romain. Mais, celui-là les rendait au double, et l’on rapporte même que “Tibère donnait à chacun quatre fois la valeur de l’étrenne qu’il avait apportée.” Sans doute, les Chefs des nations ont perpétué cette coutume heureuse pour le peuple. Je me suis laissé dire que le Président Vincent s’étant avisé une fois de pratiquer la générosité tibérienne, faillit se ruiner net. C’est alors que Son Excellence dut imaginer, de concert avec la distinguée Mademoiselle Résia Vincent, de faire venir au palais seulement les petits enfants, se souciant peu des grandes personnes, quoi que celles-ci puissent avoir donné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré les temps extrêmement difficiles, des jouets, des gâteaux et peut-être aussi des enveloppes cachetées seront, cette année-ci encore, distribués aux tout petits. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Zétrenn mouri?”&lt;br /&gt;– Pou zott. Pas pour les innocents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti Journal 20 décembre 1940
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                <title>Aimez-vous la pluie?</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/11/18/aimez-vous-la-pluie.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Sat, 18 Nov 2006 15:52:08 +0100</pubDate>
                <description>
                    La pluie, pendant toute une nuit et toute une journée et pendant toute une nuit encore, est tombée sur notre bonne ville, y faisant régner un peu de fraîcheur après tous ces mois de chaleur dont, en vérité, on avait assez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aimez-vous la pluie?&lt;br /&gt;Qui n’aime pas la pluie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a des gens qui n’aime pas la pluie. Le temps, de dimanche à aujourd’hui, aura donc fait des mécontents, parmi lesquels il faudrait surtout ranger les femmes. Là-dessus, j’ai entendu les propos d’une charmante personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Quel temps de chien! Je déteste la pluie.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette personne-là, assurément, n’a pas de sensibilité et, entre nous, je doute que son âme ait été façonnée aux strophes de Verlaine. Car, comment ne pas aimer le bruit sempiternel des gouttes d’eau sur les toits?...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute, chacun a sa manière et peut-être aussi ses raisons propres de sentir. Ainsi, tandis que je me réjouis du temps pluvieux, à cause de cette tristesse, de cette “langueur” qu’il met dans mon cœur, il ne me paraîtrait pas étrange que la pluie provoque, au contraire, une sorte d’exultation chez les enfants; augmente l’espoir du cultivateur dont le champs va verdir; suscite l’ambition du chauffeur de ligne, qui sait que le trafic sera prospère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, de grâce, ne disons pas que la pluie est détestable et laissons qu’elle tombe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal, 8 octobre 1940
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                <title>Les cœurs délaissés</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Wed, 01 Nov 2006 14:45:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    J’ai parcouru notre métropole durant ces deux jours du souvenir. Quelle affluence et quelle ferveur! Joie et tristesse, les visages, à nos yeux du moins, prenaient toutes sortes d’aspects à la fête des morts qui pouvait bien aussi – ma foi! – être celle de bien des vivants. Cette pensée surtout me vint continuellement comme une obsession, durant ma visite aux morts. Et sans que je susse pourquoi, je me surpris à envier les défunts, en disant tout bas ces vers de Léon Laleau, marqués au coin de la plus tendre ironie:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tout le jour les visages pâles&lt;br /&gt;Se sont penchés vers les tombeaux&lt;br /&gt;Et leurs soupirs et leurs sanglots&lt;br /&gt;Ont brui parmi les pétales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des lèvres, tremblantes d’amour&lt;br /&gt;Ont dit de très lentes prières,&lt;br /&gt;Afin qu’en l’éternel séjour,&lt;br /&gt;Leur vie, aux morts, soit moins amère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et nul cependant n’a pensé&lt;br /&gt;Que, plus morts que les morts eux-mêmes,&lt;br /&gt;Les cœurs par d’autres délaissés,&lt;br /&gt;Ont aussi besoin qu’on les aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi des âmes que l’amour&lt;br /&gt;Peut-être a, pour toujours, broyées,&lt;br /&gt;Ont gardé, même en ce grand jour,&lt;br /&gt;L’aspect des tombes oubliées.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 4 novembre 1940
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/10/15/dessalines-le-grand-est-un-bloc.html</guid>
                <title>&quot;Dessalines le Grand est un bloc&quot;</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Sun, 15 Oct 2006 14:40:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Parlons peu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Nous avons tous le respect de la mort. Mais, le respect des morts – ce qui n'est pas tout à fait la même chose – ne subsiste qu'avec le souvenir des êtres disparus ou ce qui est tout à fait la même chose – la croyance en la persistance de la vie. Monsieur Renan disait que &quot;les esprits envolés de cette terre s'assemblent aux Champs Elysées, selon leurs goûts et leurs affinités.&quot; Aussi, avec quelle religieuse émotion n'a t-il pas dédié sa vie de Jésus à l'âme pure de sa sœur Henriette&quot; dont il avait gardé un souvenir vivace.&lt;br /&gt;    Je m'excuse d'imprimer aujourd'hui un ton inaccoutumé à ma chronique. Mais j’ai assisté, hier matin, à une des plus importantes manifestations du souvenir. Le gouvernement faisait célébrer un service funèbre à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Jean-Jacques  Dessalines. La foule, plus nombreuse que jamais, avait littéralement rempli la Basilique Notre Dame et quand eut fini la cérémonie religieuse, avec le même enthousiasme, elle s’était rendue à la statue de l’Empereur, au Champs de Mars, pour des démonstrations patriotiques. Et tout cela m’a remué l’être jusqu’au doute...&lt;br /&gt;    Combien je voudrais pouvoir affirmer que nous avons réellement communié dans une même pensée de repentir! Combien j’eusse aimé que ce témoignage de reconnaissance que, chaque année, le gouvernement invite la nation à rendre au Grand Chef haïtien, ne soit pas un acte banal, une simple manifestation artificielle à nos propres yeux mais bien un moment, une minute de foi sincère en les mânes de l’aïeul!&lt;br /&gt;    “Dessalines le Grand est un bloc!” Le président Vincent, en empruntant le mot célèbre pour l’appliquer à l’Empereur, dictait par-là l’attitude toute de foi et de respect qu’il importe à nous haïtiens d’avoir envers le père de notre Indépendance. L’action dessalinienne doit être placée au-dessus des contingences et des passions et, véritablement, l’histoire devrait se garder de la commenter. Il faut accepter Dessalines avec ses défauts et ses vertus; croire que ce pays qu’il nous a légué est son oeuvre, une oeuvre inachevée, sans doute, mais que les héritiers ne pourront eux-mêmes parfaire que s’ils y mettent l’esprit de suite nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 18 octobre 1940
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/08/10/j-ai-plaide-une-fois-contre-les-femmes.html</guid>
                <title>J'ai plaidé une fois contre les femmes</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/08/10/j-ai-plaide-une-fois-contre-les-femmes.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Thu, 10 Aug 2006 13:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    J’ai plaidé une fois contre les femmes. Comment l’aurais-je fait, si je n’y avais été contraint? On ne m’a pas reconnu cette circonstance atténuante et je continue, car les ans n’ont point apporté l’oubli, de subir la disgrâce d’un monde aimable mais extrêmement rancunier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore que le moment s’y prête, j’avoue que je n’aimerais pas, pour ma part, remettre la question sur le tapis. Il s’agissait quand j’ai soutenu ma thèse de stagiaire contre mon confrère, Maître Charles F. Pressoir, de dénier l’exercice des droits politiques aux femmes, à nos femmes, pour être plus précis. L’accès du barreau, alors, n’était accordé qu’à l’haïtien majeur ayant l’exercice de ses droits civils et politiques (art.5 de la loi de 1881 sur le barreau, modifié depuis.) A moins de prouver, que l’haïtienne était exclue de la politique, j’étais vaincu par un adversaire qui, grâce à sa position d’avocat des femmes, consolidée, il faut le reconnaître, par la science, semblait d’avance avoir gain de cause. Et voici, entre autres arguments, un qui parût me rallier l’auditoire et le tribunal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon interlocuteur s’était écrié: “Mais, la constitution ne proclame-t-elle pas l’égalité des droits? Ne faut-il pas dès lors, que la loi ordinaire établisse les rapports nécessaires entre elle et le pacte fondamental?” Tout argument est spécieux, qui tend à montrer que, en ce qui a trait aux droits, notre charte n’établit aucune distinction de sexe. La distinction ne résulte pas de la Constitution qui ne règle pas elle-même l’exercice des droits. Sa tâche, en la matière, finit à la reconnaissance des principes de liberté, et c’est au législateur ordinaire qu’il revient en vertu de la théorie du contrôle social des libertés individuelles, d’harmoniser l’exercice des droits avec les intérêts de la collectivité ou de la société. Par contre, s’il est une chose incontestable celle-là c’est que les droits civiques forment le privilège exclusif du citoyen et que seul est citoyen (chez nous du moins) l’être viril qui arrivé à une certaine maturité d’âge et libéré de toute tutelle, est jugé capable de porter les graves responsabilités qui sont la contrepartie des droits. Ainsi, inhabiles à manier l’arme de la force, car elles n’y ont jamais été entraînées, les femmes ne pourraient que faire leurs petits paquets et fuir à la première alerte. Ce serait naturel. Oui. Mais, si l’on admet qu’elles ont l’exercice des droits politiques (l’argument est simple, mais gênant), voilà une catégorie importante d’haïtiens condamnés à priori et par la force même des choses à abandonner la patrie au moment du danger, et à perdre ainsi innocemment leur qualité de citoyens (sanction inscrite dans notre législation.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette aimable personne qui m’a affirmé, en toute candeur, pouvoir déposer le 15 décembre prochain son bulletin dans l’urne, oserais-je répondre que les choses hélas! n’ont pas changé pour nos femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 11 novembre 1940
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/29/les-personnes-agees.html</guid>
                <title>Les personnes âgées</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/29/les-personnes-agees.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 29 Jul 2006 14:50:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Il y a quelques mois, les principaux journaux de Port-au-Prince, avec le plus bel enthousiasme, s’associaient pour tresser des lauriers à l’une de nos plus anciennes et respectables institutrices, Mademoiselle Célie Lillavois, que ses quatre vingts ans trouvaient alerte et encore capable de rendre des services efficaces. Ailleurs sans doute, les exemples ne manquent pas de ces vielles personnes dont on dit que les ans n’ont point altéré le prestige. Mais, ces cas-là sont extrêmement rares sous l’ardent soleil d’ Haïti qui semble aussi bien s’attaquer à nos forces à mesure qu’il détruit les microbes malfaisants. Mais, quelqu’un, un moraliste, probablement, rendant hommage, en ma présence, à la gaillardise de Mademoiselle Célie, notait non sans quelqu’apparence de raison, qu’un tel phénomène ne se fût pas produit sans un très grand amour de son prochain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais faire partager ce point de vue assez original, à mes yeux du moins, et qui augmenterait considérablement le mérite de notre institutrice à qui le comité haïtien de l’Alliance Française vient de décerner la médaille d’honneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aimer son prochain est une règle de vie. Que dis-je? C’est la règle d’or par excellence de l’existence. On ne se rend pas assez compte dans notre milieu et peut-être aussi dans le monde, des soins qu’on accorderait à sa personne rien qu’en pratiquant le bien. Mais, attention! Le bien ici, a un sens philosophique qu’on ne trouverait pas nécessairement dans ce comportement extérieur, même exemplaire qu’offrent tant de gens. Ce bien que j’évoque s’entend de la conception chrétienne, puisque nous vivons sous l’ère du Christianisme, que toute âme bien née devrait se faire de l’humanité, et qui conduit naturellement à considérer son prochain comme son frère sinon comme un autre soi-même.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucune ligne de conduite, hors de celle-là, ne saurait nous protéger contre les atteintes du temps, le temps qui nous donne l’opportunité de manifester notre haine, notre envie, nos injustices, nos préjugés, nos méchancetés – toutes choses qui vieillissent. Aussi pour ne m’arrêter qu’à ce petit fait curieux qui a tant retenu l’attention, hier matin, à la séance de l’Alliance Française, savoir “la verdeur de corps et d’esprit” de Mademoiselle Célie Lillavois, je dirai que notre compatriote est restée jeune, malgré ses quatre vingts ans, tout simplement parce qu’elle a pratiqué l’œuvre du prochain, qui conserve les vingt ans du cœur et préserve des rides du front.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 25 juillet 1940
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/21/port-au-prince.html</guid>
                <title>Port-au-Prince</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/21/port-au-prince.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Fri, 21 Jul 2006 21:50:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    L’aspect des maisons va-t-il changer celui des rues et l’aspect de celles-ci modifiera-t-il la physionomie de notre bonne capitale? Oh! à première vue oui. Tout comme il est juste d’admettre que l’urbanisme, à première vue, transforme les villes. Et vraiment, sous ce rapport, Port-au-Prince a déjà beaucoup changé. Constatons même avec l’ami Jules Blanchet que notre capitale s’embellit sous l’influence salutaire de l’urbanisme. Des jardins tracés selon les exigences de l’art ont remplacé un peu partout nos “vides” et là où poussait à foison l’herbe folle, il n’y a plus maintenant qu’arbustes aux branches malléables et plantes ornementales taillées au goût de Monsieur l’horticulteur. Le tout est immanquablement entouré de gazon. C’est là d’ailleurs, la seule protection de nos jardins contre le vandalisme des promeneurs. On sait, en effet que, grâce à un écriteau de la police, les passants apprennent depuis quelque temps à ne pas franchir le gazon. J’imagine à la longue, le gazon pourrait se substituer au “bétonnage”, lorsque notre éducation, à ce sujet du moins, sera entièrement faite, comme celle du brochet qu’une simple cloison de verre a corrigé de la mauvaise habitude de manger les petits poissons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’eût été si original: une bande de gazon vert devant les maisons, à la place de ces murs bastions rappelant par trop les temps abolis de la satrapie où les familles, hélas! avaient à se défendre contre ceux-là même dont le rôle était de garantir la sécurité des honnêtes et paisibles gens! De ces ouvrages avancés, dirais-je qu’il existe en pleine ville qui conservent aujourd’hui encore leurs derniers raffinements faits d’éclats de bouteilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, quand même toutes ces choses vilaines à voir seraient corrigées; qu’une couche de peinture viendrait redonner leur fraîcheur à nos maisons; qu’une architecture nouvelle transformerait, selon un art moins  douteux le style des constructions, Port-au-Prince ne changerait pas beaucoup et n’offrirait toujours pas cet attrait, ce charme, cette gaieté, enfin, que l’on aimerait non seulement découvrir dans les choses, mais aussi rencontrer sur les visages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, l’haïtien est triste, profondément triste. Je n’envisage pas les hommes qui, dans n’importe quel pays, peuvent être des sujets peu attrayants. Je pense à nos femmes qui ne sourient pas, à mon gré. Elles ne sont pas assez joyeuses et semblent souffrir d’une vague nostalgie. On devrait lever les droits prohibitifs sur les articles de soirée, afin de permettre à notre population féminine de porter plus fréquemment ces tissus légers qui rendent les femmes on dirait plus aguichantes, en leur donnant cette grâce provocante autant qu’accueillante qui retient les voyageurs, sous toutes les latitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 29 novembre 1942
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/07/18/pour-irrlichter.html</guid>
                <title>&quot;Ouvrir une école, c'est fermer une prison&quot;</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Tue, 18 Jul 2006 20:35:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Un écrivain qui aimait beaucoup les antithèses disait qu’“ouvrir une école, c’est fermer une prison.” Le pépère de Jeanne – car c’est bien à Hugo que revient la paternité de cette boutade – ne pouvait pas souffrir l’absence de l’enfant aimée, choyée, gâtée. Pour lui, Jeanne et tous ces petits êtres qui lui sont pareils dans le temps et dans l’espace subissent la plus dure des privations, celle de la liberté, chaque fois que l’école les ravit à l’affection de la maisonnée. Aussi le premier lundi d’octobre est-il un jour triste pour ceux qui, comme le père Hugo, reconnaissent les droits de l’enfance – l’enfance qui a tous les droits, en effet, et à qui tout est défendu, jusqu’à la faveur de grandir dans l’ignorance et le bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, sur un ton plus sérieux, ne pourrait-on surtout écrire qu’ouvrir une école c’est rendre l’homme libre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pensez donc à tout ce dont nous nous libérons par l’instruction, à tous ces préjugés, à tous ces vices, à tous ces travers, à toutes ces imperfections qui tiennent les hommes et les peuples dans leurs mailles et les font infiniment malheureux, tant qu’il n'ont pas connu les bienfaits de l’instruction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouvrir une école, c’est rendre l’homme libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 1er Octobre 1940
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/06/08/la-methode-lauback.html</guid>
                <title>La méthode Lauback</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/06/08/la-methode-lauback.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Thu, 08 Jun 2006 16:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Les grammairiens et les puristes, ceux qui coordonnèrent les règles et donnèrent les exemples du beau parler faisaient, sans s’en douter, peut être, un tort incommensurable au reste des hommes. Ils créaient la langue. C’est à dire qu’ils remplaçaient par cet instrument perfectionné, le langage commun par quoi il était si naturel de véhiculer les idées. Désormais, il allait devenir indispensable, comme il le sera toujours, de connaître la langue avant d’acquérir les connaissances nécessaires. Besogne ardue, tâche délicate à laquelle seulement un petit nombre pouvait s’adonner. On a vu ce qui est arrivé au chinois. Quatre cent cinquante millions d’âmes gémissent dans l’ignorance, au pays des mandarins, du fait des lettres dont l’imagination par trop fertile inventa plus de quarante mille caractères pour exprimer les pensées, malheureusement, utiles de la vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on avait conservé le langage originaire, en se contentant, sans doute, de noter quelques formes usuelles à l’intention de l’étranger, les peuples de tous les pays eussent amassé déjà un bagage de connaissances susceptible de leur assurer un certain bonheur individuel. Car, on peut faire la remarque que plus un peuple est instruit, plus il est heureux. C’est même là un axiome. Aussi, les pays qui ont eu la chance de maintenir la langue au niveau du peuple, sont-ils généralement plus avancés et plus fortunés. Le petit anglais de 10 ans est déjà un  savant, par rapport à tout autre enfant de son âge évoluant dans un milieu où la langue est savante. Il faut mettre le peuple au-dessus de la langue et non celle-ci au dessus de celui-là. L’expérience contraire a été faite en Chine et ce pays a connu et connaît encore la plus grande misère. En Haïti aussi, l’expérience a été décevante de se servir d’un instrument perfectionné comme la langue française pour répandre les connaissances utiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors, il peut être bon de recommander l’étude de la méthode Lauback non seulement aux populations rurales et au prolétaires, mais à nous tous, tant que nous sommes. C’est très important et c’est aussi la seule façon de ramener la langue (le créole, nous le savons bien, n’est pas une lange, mais il y aspire) au niveau du peuple. Le mouvement actuel, si nous l’avons bien compris, ne tend pas seulement à l’éducation de la masse, il vise, il doit viser, en tout cas, à combler le fossé entre le peuple et l’élite par l’adoption d’une langue commune, même si celle-ci n’est pas tout à fait officielle. La logique, d’ailleurs, ne commande-t-elle pas cette démarche? Si notre fermier apprend à lire et à écrire suivant une méthode répandue officiellement, il importe qu’au besoin nous soyons en mesure de correspondre avec lui suivant la même méthode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne prétendons pas qu’il faille répudier le français qui est, du reste, la langue officielle et qui peut garder ce titre à côté de la langue Nationale. Mais, il est temps d’admettre la dualité, si l’on veut que les efforts du gouvernement portent fruit. Qu’il n’y ait plus de scrupule pour les gens de société à s’exprimer en créole – encore que cela doive venir tôt ou tard, avec les progrès de la méthode Lauback – mais les faire connaître au peuple en créole, par le truchement de la radio, nous paraît une chose qui coule de sens. Il en est de même des avis administratifs, généralement quelconques, des préceptes d’hygiène du service National d’Hygiène Publique, des communiqués, si utiles, du Département de l’Economie Nationale, relatifs au prix des articles de première nécessité. On adopterait ce mode de propagande en créole sans avoir recours à la chanson. Notre patois, qui est en passe de devenir une langue peut braver l’honnêteté, croyons-nous, sans employer d’artifices. On pourrait annoncer: “Min prix mamit manteg bon mak” comme on dit: “Voici le prix du Pure Lard.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Haïti-Journal&lt;br /&gt;16 décembre 1944
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                <guid isPermaLink="true">http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/06/07/les-vertus-de-la-radio.html</guid>
                <title>Les vertus de la radio</title>
                <link>http://parlonspeu.blogspirit.com/archive/2006/06/07/les-vertus-de-la-radio.html</link>
                <author>noreply@blogspirit.com (Marcel Salnave)</author>
                                                <category>D'intérêt Général</category>
                                                <pubDate>Wed, 07 Jun 2006 22:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Ayant écrit, avant hier, que l’Administration devrait utiliser la radio comme trait d’union nécessaire entre la masse et les classes dirigeantes, un ami a bien voulu me rappeler les propagandes du Service National d’Hygiène par le cinéma ambulant et l’œuvre éducationnelle de Damien suivant une méthode accessible au peuple, qui s’est considérablement étendue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’en remercie. Mais qu’il est difficile de s’expliquer en peu de mots!... Il ne s’agissait pas, précisément, dans ma chronique de l’enseignement par la radio. Je visais plus loin. Je demandais de tenir l’immense majorité de notre population au courant des faits, quotidiennement; je réclamais pour cette majorité, handicapée par l’ignorance et la misère, et vivant en marge de la vie, si l’on peut ainsi dire, une sorte de journal parlé radiodiffusé dans notre patois, à une heure propice de la journée, jugeant que cette innovation serait de tout profit pour notre collectivité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardons autour de nous, sur le continent. Dès que les Américains ont voulu pousser le Panaméricanisme, qu’ont-ils imaginé? Ils ne se sont pas contentés de l’heure anglaise. Ils ont créé l’heure française et l’heure espagnole (ils ont peut-être une heure pour chaque langue – je n’en sais rien – puisqu’aussi bien qu’un puissant pays comme les Etats-Unis du Nord doit désirer faire sentir sa présence dans le monde) ils ont créé l' heure française et l’ heure espagnole, dis-je, à l’intention des nations de cet hémisphère, pour la plus grande expansion et la plus parfaite compréhension des idées américaines. Car, les américains savent que si l’unité de la langue n’est pas indispensable à l’existence du panaméricanisme, l’action de celui-ci, néanmoins, peut dans une certaine mesure être entravée, faute de se bien comprendre. Aussi, verra-t-on les experts de la radio là-bas, s’évertuer à mettre en œuvre toutes les ressources de la splendide invention, en vue de combattre les obstacles quelque peu naturels, mais heureusement non infranchissables qu’en face du panaméricanisme a placé la différenciation des langues. Et du train que vont les choses, il n’est pas exagéré de croire que l’homme du continent, grâce à la radio et à la bonne volonté de tous, se sentira dans un temps à venir, mêmement cubain, ou chilien, américain ou mexicain qu’ haïtien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien plus facile il ne serait pas de travailler à cette communion intime entre les haïtiens, d’abord? Le handicap ici provient de l’analphabétisme de la masse. Celui qui ne sait ni lire, ni écrire est forcément un ignorant et ce n’est pas dans une langue académique qu’on lui parlera efficacement. Mais on peut l’éduquer facilement sinon l’instruire par la radio. Faisons cette chose pratique, en attendant que Damien nous donne un peuple – les 80% de notre population – pouvant comprendre dans le texte, les lois et les idées qui nous obligent tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel Salnave&lt;br /&gt;Haïti-Journal 12 décembre 1940
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