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06.11.2006
La question de l'huile (2)
Il y a plusieurs son de cloche, dans cette affaire de rareté d’huile de cuisine, esquissée dans notre chronique d’hier.
Ainsi, nous avons reçu un billet non signé, où le correspondant anonyme déclare que la rareté est le fait des gros bonnets (il a entendu par-là les grands commerçants), qui ont vidé les usines et stocké l’article, afin de provoquer une hausse forcée du prix de l’huile. “Vous n’êtes pas sans savoir, écrit-il, que le prix de l’huile a été officiellement fixé depuis quelques deux ans. On voudrait faire échec à cette sage mesure du gouvernement.”
Personnellement, nous n’en croyons rien. Le simple bon sens permet de réfuter un tel argument qui semble, d’ailleurs, assez passionné. Pour stocker la production des usines ou même une partie de cette production susceptible de rapporter un gain appréciable par une hausse de prix, les commerçants devraient disposer d’un cash important – ce qui est douteux - ou jouir d’un chiffre de crédit élevé chez les fabricants. Or, depuis justement la fixation du prix de l’huile, les sociétés, perdant tout intérêt dans ces transactions commerciales ruineuses pour le consommateur auxquelles le public est quelques fois témoin, écoulent leur produits seulement contre cash. En outre, à cette époque de l’année, les stocks sont presque toujours épuisés, et c’est le temps aussi où la matière première s’offrant à elles, les huileries reprennent leurs activités.
Peut-être, quelques commerçants intelligents, pressentant les difficultés qui se sont présentées ces jours-ci, auraient-ils acheté au-delà des besoins de leur clientèle, afin de bénéficier, à un moment donné, du jeu de l’offre et de la demande. Mais, cela n’aurait pu se réaliser que sur une échelle insignifiante.
Ce qui est certain, c’est que d’ici peu il n’y aura pas un bidon d’huile sur notre place, et en province aussi, probablement. Certes les conséquences du point de vue gastronomique, n’en seront pas tragiques – loin de là – car les fabriques d’outre-mer recommenceront à fournir leur “cottolène”. Mais, notre industrie va connaître un arrêt. Et ce sera un grand dommage, au point de vue économique.
Marcel Salnave
Haïti-Journal 8 février 1941
20:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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