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18.07.2006
"Ouvrir une école, c'est fermer une prison"
Un écrivain qui aimait beaucoup les antithèses disait qu’“ouvrir une école, c’est fermer une prison.” Le pépère de Jeanne – car c’est bien à Hugo que revient la paternité de cette boutade – ne pouvait pas souffrir l’absence de l’enfant aimée, choyée, gâtée. Pour lui, Jeanne et tous ces petits êtres qui lui sont pareils dans le temps et dans l’espace subissent la plus dure des privations, celle de la liberté, chaque fois que l’école les ravit à l’affection de la maisonnée. Aussi le premier lundi d’octobre est-il un jour triste pour ceux qui, comme le père Hugo, reconnaissent les droits de l’enfance – l’enfance qui a tous les droits, en effet, et à qui tout est défendu, jusqu’à la faveur de grandir dans l’ignorance et le bonheur.
Mais, sur un ton plus sérieux, ne pourrait-on surtout écrire qu’ouvrir une école c’est rendre l’homme libre?
Pensez donc à tout ce dont nous nous libérons par l’instruction, à tous ces préjugés, à tous ces vices, à tous ces travers, à toutes ces imperfections qui tiennent les hommes et les peuples dans leurs mailles et les font infiniment malheureux, tant qu’il n'ont pas connu les bienfaits de l’instruction.
Ouvrir une école, c’est rendre l’homme libre.
Marcel Salnave
Haïti-Journal 1er Octobre 1940
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